Insolite

CHELUN A L'ÉPOQUE DE LA RÉVOLUTION

Les archives de Chelun contiennent une délibération du général de la paroisse, du 21 décembre 1788, analogue aux délibérations prises par une grand nombre de paroisses de Bretagne, en vue des Etats Généraux qui devaient se tenir le 25 décembre (de la même année).

"L'an 1788, le dimanche 21 décembre, le général de la paroisse de Chelun, composé des anciens trésotiers et delibérants pour la présente année, assemblés en corps politique en la sacristie servant de chambre de délibération suivant la convocation en faite dimache dernier et répétéeaujourd'hui au prône de la messe et réitérée au son de la cloche à la manière accoutumée pour délibérer sur les affaires et intérêts qui concernent l'ordre du Tiers Etat de cette paroisse.

" M. Aliot, vicaire de cette paroisse de Chelun, est entré en la sacristie du dit lieu et a dit ..."

Dans le préambule, après avoir fait acte de fidélité et de soumission au gouvernement, il montre la necessité pour le Tiers Etat de réclamer une plus juste répartition des charges et de faire supprimer l'inégalité devant l'impôt entre la Noblesse et le Tiers Etat.

Il invite le général à adhérer aux "sages et justes réclamations de Messieurs de la Municipalité de Rennes en faveur du Tiers Etat".

"Sur ces observations le général et les notables habitants ont été unanimement d'avis de joindre leurs réclamations à celle de la municipalité de Rennes."

Le cahier de doléances demande : 1.- la double représentation du Tiers Etat dans toutes les assemblées et le vote par tête; 2.- que les représentants élus du Tiers ne puiçssent être pris ni parmi les nobles ou anoblis ni parmi les agents des seigneurs;3.- que dans l'ordre de l'Eglise les représentants du clergé des paroisses soient en nombre égal aux représentants du Haut Clergé; 4.- que les impôts soient supportés par les trois ordres proportionnellement à l'aisance de chaque individu; 5.- que loa corvée soit supprimée et remplacée par une imposition sur les trois ordres sans exception et qu'il en soit de même pour toutes les autres charges" ...

Le 27 juin 1790, le procureur de la commune,"constatant que l'on s'ameute contre les préposés à la perception des impôts, que des troubles existent un peu partout, demande le prompt établissement des juges de paix et prie l'assemblée de désigner des notables pour être adjoints à ces magistrats."

Mm Joseph Beautrais, Jean denis, Louis Durand et Joseph Dugué sont désignés.

Le même jour, il prend les décisions suivantes : "Les propriétaires, citoyens actifs de Chelun, pour donner une preuve de notre désintéressement et de notre générosité et délivrer la nation d'une dette énorme dont le principal fardeau retomberait sur les grands propriétaires, déclarons nous réduire à recevoir pour toute indemnité l'affranchissement de toute solidarité des rentes féodales et de tous droits cassuels.

Déclarons regarder comme perturbateurs du repos public quiconque se permettra de troubler l'ordre, d'attaquer les propriétés des ci-devants seigneurs ou de tout autre et de commettre les moindres dégâts sur les terres qui ont été afféagées". (terres allouées par les nobles aux roturiers qui devaient alors acquitter un droit)


LES EXTRAITS D'ARCHIVES DE MR LOUVEL